Daniel Grossi compagnon santonier à Eclassan
Eclassan , en Ardèche Verte, Daniel Grossi a importé une tradition méridionale
Rencontre avec un compagnon santonnier
Voici deux ans, Patricia et Daniel Grossi ont quitté les paysages embaumés de thym et de romarin de leur ville natale, Aubagne. Des paysages ou flottent encore dans la garrigue le souvenir de Manon des Sources, de Jean de Florette et tous les personnages de Marcel Pagnol , maitre des lieux.
Avec leurs deux filles, Amélie et Clara, ils ont trouvé à Eclassan en pleine Ardèche Verte, la quiétude dans un environnement apaisé qui convient à l’état d ‘esprit de la famille. Ils ont certes conservé l ‘accent caractéristique du midi de la France, mais ils ont aussi amené avec eux un savoir faire, une tradition ancestrale, celle du santon, emblème de la Provence et …d’Aubagne, la ville des santonniers.
Pour Daniel, la fabrication de santons n’est que le prolongement d’une autre passion celle des modèles réduits de véhicules utilitaires. A l’âge de 7 ans, il est tombé dans le grand chaudron de cette activité grâce à un père passionné de maquettes navales
« Je me suis formé sur le tas et fais tout moi-même » avoue Daniel. Ainsi il fabrique de façon artisanale ses moules, indispensables à la production des santons constituée de plâtre et d’argile, deux matériaux qui durcissent au séchage. Ils sont travaillés par Daniel grâce à des outils de… chirurgiens dentistes, achetés à prix d’or.
Ainsi réalisés, avec une précision d’orfèvre, les santons sont peints et habillés avec un soin tout particulier par Patricia qui est aussi la commerciale de la famille. Artisan libre, Daniel expose et vend dans les marchés de Noel locaux, encore peu nombreux bien qu’en notable expansion.
Mais comme écrivait le poète Marseillais Elzeard Rougier, « les santons sont des fleurs que l’on cueille en hiver », et l’hiver c’est court. Tous deux ont du reprendre une activité, Daniel dans la charpente, Patricia à la mairie d’Eclassan. Mais Daniel possède plus d’une corde à son arc et poursuit sa passion première : les modèles réduits. Il fabrique, entre autre, des charrettes d’un réalisme renversant, les freins, par exemple, fonctionnent,
Dans sa cave qui lui sert d’atelier, Daniel travaille parfois jusqu’à deux heures du matin pour parfaire chaque partie, véritablement obnubilé par le détail, et les pièces qu’il réalise sont admirables d’authenticité et de précision.
E n octobre dernier, Daniel Grossi a été intronisé compagnon santonnier par la Confrérie Nationale, un titre qui rend l’unique santonnier, créchiste ardéchois très fier.

